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12/09/2016

Nous attendons vos témoignages !

Nous attendons vos témoignages !

marie-pierre.morel@apf.asso.fr

 

Transporter un enfant handicapé en voiture est une situation souvent compliquée...

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Il peut être installé sur le siège de la voiture dans un siège auto, sur un rehausseur, ou seulement avec la ceinture de sécurité du véhicule. Il peut rester assis dans son fauteuil roulant, voire sa poussette, dans un véhicule conçu pour cela, sous certaines conditions.

Vous éprouvez des difficultés à choisir ou à utiliser les produits grand-public ou spécialisés. Ou votre enfant voyage dans une situation inconfortable et vous ne le trouvez pas bien protégé. Ou encore, le véhicule qui le transportait a été accidenté, avec ou sans conséquence pour votre enfant.

Faites-nous part de votre expérience. Ces informations seront utiles à l’élaboration d’un guide sur "la sécurité automobile des enfants handicapés."

Merci d'adresser vos remarques et témoignages à Marie Pierre Morel  marie-pierre.morel@apf.asso.fr

 

 

Handicap : les millions des bouchons

Chacun d’eux ne vaut rien mais, par millions, ils rapportent gros. Depuis seize ans, les fameux bouchons en plastique financent chaque année plusieurs centaines de milliers d’euros d’actions au profit du handicap.

En France, des millions de personnes les sauvent des poubelles, des centaines de bénévoles, plusieurs dizaines d’associations les collectent et les vendent à des sociétés de recyclage. Le recyclage des bouchons de bouteilles en plastique constitue une source de revenus non négligeable pour bon nombre d’acteurs du handicap.

Le procédé est simple mais la logistique lourde. Les citoyens sont invités à déposer leurs bouchons dans un point de collecte (commerce, école, entreprise….). Puis un bénévole local les amène dans un entrepôt dégoté gratuitement. Selon les cas, ils sont triés ou non par des bénévoles afin de retirer les intrus (capsules, bouchons en liège, bouchons ayant été en contact avec des matières toxiques…) et mis en sacs.

Entre 210 et 255 € la tonne

Au vu des tarifs des transports, pas question de remplir un camion à moitié. Il faut alors pouvoir entreposer en général 60 m3 avant chaque chargement vers l’usine de recyclage. Celle-ci les achète entre 210 et 255 € la tonne, selon que le transport est compris ou non et le tri fait ou pas. Un bouchon pesant en moyenne 2,5 grammes, c’est le nombre qui crée sa valeur ! Ils sont alors transformés en paillettes ou granulés prêts à être fondus pour fabriquer des produits en plastique recyclé. Un processus qui s’accompagne souvent parallèlement d’actions de sensibilisation au handicap dans les structures partenaires, notamment les écoles.

recyclage-bouchon

En dépit du nombre important de bénévoles requis et du casse-tête organisationnel, la manne financière potentiellement générée et le caractère populaire du concept sont tels qu’il est pratiqué par de nombreuses associations, parfois même concurrentes. Leur taille et leurs objectifs diffèrent cependant sensiblement. Certaines sont indépendantes, d’autres organisées en deux grands réseaux : Les Bouchons d’amour et Un bouchon un sourire.

Jean-Marie Bigard, premier supporter des Bouchons d’amour

Le premier réseau, historiquement et en volume, est une association nationale : Les Bouchons d’amour, actuellement présidée par Guy Petit, ancien directeur de foyer d’accueil médicalisé et de CAT. Son parrain et soutien médiatique : l’humoriste Jean-Marie Bigard. Ses responsables départementaux sont ainsi nommés “bigarchons”, contraction de « Bigard » et de « bouchons » ! Elle collecte 1 400 tonnes par an dans toute la France soit trois milliards de bouchons depuis dix ans ! L’association les vend à un fabricant belge de palettes en plastique recyclé, pour une recette de 300 000 à 350 000 € par an.

Une somme redistribuée ensuite aux deux tiers à des particuliers qui lui écrivent pour contribuer à l’achat de matériel (fauteuil roulant, douche adaptée, plan incliné…). Parfois, c’est même la MDPH qui rédige la demande ! L’association est également partenaire de Handi’chiens, qui éduque et remet gratuitement des chiens d’assistance à des personnes en situation de handicap moteur (50 000 €), et de la Fédération française handisport. Cette dernière intervient sur dossiers de demandes de subvention de ses associations locales (40 000 €). Certaines années, plusieurs dizaines de milliers d’euros sont également attribués à des projets humanitaires n’ayant pas trait au handicap (maternité et école construits par l’association Lien Sahel, au Burkina Faso, par exemple).

Un industriel à l’origine de Un bouchon un sourire

Quant au deuxième de ces réseaux, c’est Alain Maubert, un industriel du recyclage du plastique, le patron d’Atmosplastics, qui l’a initié. Il signe des conventions avec des associations locales indépendantes réunies dans une fédération. Volume traité par sa ligne dédiée dans son usine de Voves (Eure-et-Loir), consacrée aux chutes de matières plastiques issues de l’industrie : 700 tonnes par an. Un volume acheté à une vingtaine d’associations, soit 175 000 € au total. Les associations reversent ensuite l’argent selon leurs propres choix.

Les Bouchons de l’Espoir Lorraine, créé par le compétiteur de handbike David Lombard, par exemple, consacre la totalité des 6 000 à 8 000€ de recettes annuelles au soutien du handisport : dispositifs de tir à l’arc, fauteuils de foot… Au total, 51 000 € ont ainsi été versés à cinq clubs depuis 2003. L’association bénéficie de plus d’un soutien de poids. En effet, l’agglomération de Nancy lui permet d’installer des points de collecte dans les déchetteries de la ville, ce qui correspond aux deux tiers des seize à vingt tonnes de bouchons récoltées sur son périmètre. Elle est également partenaire d’une association d’insertion prenant en charge certains transports.

Des aides aux particuliers, associations ou établissements

Les bénévoles de l'association Les Clayes handisport lors d'un chargement de bouchons avec l’IME des Clayes sous Bois

Les bénévoles de l’association Les Bouchons d’amour 78. © DR

© DR

À côté des deux « géants », existent des dizaines d’associations totalement indépendantes mais ayant pu être liées aux autres dans leur histoire, au volume très variable. Dans les Yvelines, l’opération « Roulez petits bouchons » de Handi-cap Préventionrécolte environ 90 tonnes par an dans 550 lieux sur 100 villes d’Île-de-France et fait appel à un recycleur près de Lyon. Elle finance ensuite des projets d’établissements pour personnes handicapées ou des demandes de particuliers, y compris pour des projets comme des voyages.

Toujours dans les Yvelines, une association handisport, Les Clayes Handisport/Sport adapté, collecte chaque année, avec son opération « Les Bouchons de l’Espoir », une centaine de tonnes, autour de trois dépôts de la région parisienne, un à Saint-Nazaire et un à Pau. Changeant régulièrement d’usine partenaire pour trouver les tarifs toujours les plus avantageux, cela leur rapporte entre 20 000 et 30 000 € par an. Leur choix : ne financer que le handisport, que ce soit du matériel ou le salaire d’éducateurs spécialisés.

Les débuts en 2000 d’une action citoyenne

L’hôpital Antoine-Béclère, de Clamart, aurait lancé un tel concept dans les années 1995. Mais c’est en 2000 que tout démarre réellement, dans les Hauts-de-Seine, bien loin du monde du handicap. Le papa de deux fillettes, par ailleurs dirigeant d’une société de recyclage, est sollicité par une maîtresse pour parler environnement. C’est Alain Maubert. Il prend comme exemple un objet du quotidien, un bouchon de bouteille plastique, et en raconte la vie. Il suggère, comme action de sensibilisation, que les enfants les collectent. Ludique, l’opération, baptisée  « Un bouchon un sourire », marche et gagne d’autres écoles, jusqu’à prendre une dimension régionale. « J’en récupérais de plus en plus. Or, ils avaient une valeur économique. Il fallait absolument que cet argent serve à quelque chose de citoyen », raconte Alain Maubert, que la cause du handicap séduit rapidement.

En même temps, la collecte demande une logistique de plus en plus étoffée. Il sollicite alors le réseau des bénévoles des Restos du cœur. Le partenariat ne se fait pas mais il rencontre l’équipe de Jean-Marie Bigard, qui fait partie des Enfoirés. Le concept l’enthousiasme. Son équipe crée une association dédiée. Elle reprend d’abord le nom de l’opération pro-recyclage, Un bouchon un sourire, y compris son logo très enfantin. Avec le soutien médiatique de l’artiste, le succès s’avère immédiat.

Un potentiel encore sous exploité

Parallèlement, le concept est dès le début repris par d’autres acteurs, cherchant des financements pour leurs actions. Les premières années de Un bouchon un sourire sont cependant émaillées de tâtonnements et d’accusations de fonctionnement opaque, aboutissant en 2005 à une scission. L’association parrainée par Jean-Marie Bigard se rebaptise Les Bouchons d’amour. Certains créent leur association indépendante. Alain Maubert, lui, encourage la création d’associations locales, dont Un bouchon un sourire ne serait qu’une opération commune.

Aujourd’hui, la coexistence s’est pacifiée, d’autant que la place est encore loin d’être saturée. « La totalité des associations ne ramasse qu’une infime minorité de tous les bouchons de bouteilles consommées », rappelle Guy Petit des Bouchons d’Amour. Élise Descamps

Une école à la maison pour les enfants handicapés et malades

L’association École chez vous (VECV) scolarise gratuitement les élèves handicapés et malades à leur domicile. Les professeurs intervenant, diplômés d’État, sont rémunérés par le rectorat.

Des enseignants, sous contrat avec l’Éducation nationale, qui se déplacent gratuitement à domicile pour aider des enfants et des adolescents incapables de suivre un cursus en établissement scolaire, collectif et à plein temps, car en situation de handicap, malades ou en souffrance psychologique (dépression, phobie scolaire….) : ça existe ! Mais pas partout. Ce dispositif unique en France, développé par l’association École chez vous (VECV)*, n’est déployé qu’en Île-de-France et dans la région de Rouen où VECV possède une antenne. En attendant que cette dernière trouve les moyens d’essaimer plus largement, voire dans tout l’Hexagone, son initiative méritait d’être saluée et présentée.

Éviter de prendre du retard ou une déscolarisation

Scolarisés chez eux, ces élèves suivent les programmes officiels de l’enseignement élémentaire ou secondaire, à leur rythme et en fonction de leurs possibilités. Leurs professeurs leur évitent de prendre du retard, les préparent au brevet ou au bac. De quoi surtout et in fine leur permettre « de retourner complètement à l’école quand cela est possible », comme l’écrit l’association. Élise Jeanne

*Fondée en 1954 et reconnue d’utilité publique depuis 1985.